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Faire sa liste de courses sans tout faire deux fois

4 min de lecture

Une mauvaise liste de courses se reconnaît à ses conséquences : un retour au magasin en milieu de semaine, trois pots de cumin dans le placard parce que personne ne savait qu'il y en avait déjà deux, et l'ingrédient crucial qui manque quand même au moment où la poêle est déjà sur le feu. Le plus curieux, c'est que les gens en concluent qu'ils doivent faire plus attention. En général, ce n'est pas l'attention qu'il faut réparer, c'est le système.

Pourquoi les listes de tête échouent

La liste de courses classique naît sur le canapé : on réfléchit à ce qu'il faut et on note ce qui remonte. Cela fonctionne pour huit articles ; au-delà, on oublie systématiquement. Non que la mémoire soit mauvaise, mais « de quoi ai-je besoin » est la mauvaise question. La bonne question a deux parties : qu'est-ce que je vais cuisiner, et qu'est-ce qui me manque pour cela ?

Séparez ces deux questions et les listes deviennent soudain complètes. Le plan de cuisine fournit la liste brute des ingrédients ; la vérification des placards raye ce qui est déjà là. Ce qui reste est, par définition, la liste de courses. Fini les devinettes.

Du menu à la liste

Cela marche le mieux avec un menu de la semaine, mais planifier deux jours à l'avance paie déjà. La routine :

  1. Choisir les plats et rassembler les recettes.
  2. Parcourir les ingrédients recette par recette et marquer ce qui manque. Être honnête dans le doute : « il doit rester du riz » est la mère de toutes les secondes tournées au supermarché. Vérifier prend dix secondes.
  3. Ajouter les basiques du foyer épuisés : café, liquide vaisselle, les suspects habituels.
  4. Additionner ce qui revient plusieurs fois. Deux recettes avec chacune un oignon = acheter trois oignons (un de réserve ; un oignon n'est jamais de l'argent perdu).

Les applications peuvent prendre en charge la collecte : dans Recettino, par exemple, on envoie les ingrédients d'une recette sur sa liste d'un seul geste, et les doublons fusionnent. Mais le principe compte plus que l'outil ; papier et crayon font tout aussi bien, juste plus lentement.

Trier par trajet, pas par recette

Une liste dans l'ordre des recettes vous fait traverser le magasin quatre fois : d'abord les légumes du curry, puis les produits laitiers, puis retour aux légumes pour la salade. Triez donc la liste selon le plan de votre supermarché : fruits et légumes d'abord, puis pain, produits laitiers, viande, épicerie, surgelés en dernier (ils restent froids plus longtemps).

Qui fréquente toujours le même magasin connaît l'ordre par cœur ; écrivez alors la liste directement dans cet ordre. Cela ressemble à un détail, mais c'est la différence entre dix minutes de courses ciblées et vingt minutes de slalom, et des courses ciblées, c'est aussi moins d'achats impulsifs.

La liste vit toute la semaine

La plus grande amélioration est peut-être ici : faire de la liste une habitude continue plutôt qu'un instantané. Le moment où l'on finit l'huile d'olive est le moment où elle rejoint la liste. Pas plus tard, pas « je m'en souviendrai », tout de suite. Une liste qui grandit toute la semaine est à moitié terminée avant même de planifier les courses.

Cela suppose une liste toujours à portée de main, et c'est l'argument le plus fort pour une liste numérique sur le téléphone : on l'a dans la cuisine et au magasin, et c'est la même pour toute la maisonnée. Le papier sur le frigo est sympathique, mais il reste sur le frigo pendant que vous êtes au rayon.

Deux pièges pour finir

Le premier : trop standardiser. Certains construisent une « liste maîtresse » de tout ce qu'ils achètent et la cochent chaque semaine. Cela marche pour les basiques du foyer, pas pour le frais ; on achète alors en pilote automatique au lieu d'acheter pour ce qu'on va cuisiner.

Le second : ignorer la liste une fois dans le magasin. Les promotions ne sont pas un péché, mais il leur faut un plan. Le méga-paquet de poulet n'est une affaire que si l'on sait quel repas il deviendra ; sinon, c'est de l'archéologie de congélateur dans deux semaines. La liste n'est pas un carcan ; c'est l'accord passé avec soi-même au moment où l'on pouvait encore réfléchir tranquillement.