Carnet de recettes & organisation
Garder plus de 100 recettes sous contrôle
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À trente recettes, classer est inutile : on les connaît toutes et on retrouve tout par le titre. Quelque part entre cinquante et cent, la bascule se produit. On sait qu'on avait une bonne recette au fenouil, mais comment s'appelait-elle, et était-elle rangée sous « pâtes » ou sous « italien » ? À partir de ce moment, c'est le classement qui décide si la collection est un outil de travail ou un grenier.
La bonne nouvelle : la solution n'est pas un système sophistiqué. Ce sont quelques accords simples avec soi-même, tenus avec constance.
Les catégories sont plus faibles qu'on ne croit
Le réflexe classique est de créer des dossiers : entrées, plats, desserts, ou italien, asiatique, cuisine familiale. Cela semble ordonné, mais cela casse à deux endroits.
Premier problème : chaque recette rentre dans plusieurs dossiers. Une salade de nouilles thaïe, c'est « asiatique », « salade » ou « rapide en semaine » ? Où qu'on la range, un an plus tard on cherchera dans l'autre dossier. Second problème : les dossiers imposent un choix au moment d'enregistrer, alors qu'on ignore encore comment on cherchera plus tard.
Les étiquettes (tags) résolvent exactement cela, parce qu'une recette peut en porter plusieurs. Cette salade de nouilles est à la fois « thaï », « salade » et « rapide », et on la retrouve par les trois chemins. Presque toutes les applications de recettes modernes fonctionnent donc par étiquettes plutôt que par dossiers ; dans Recettino, on filtre son carnet d'un simple appui sur ces étiquettes.
Garder un jeu d'étiquettes petit et ennuyeux
Les étiquettes ont leur propre piège : la prolifération. Qui invente une étiquette sur le moment pour chaque recette se retrouve un an plus tard avec « pâtes », « pasta », « plat de pâtes » et « italien-pâtes » côte à côte, et plus rien ne filtre.
Le remède est un jeu petit, ennuyeux et fixe. Penser en trois familles :
- Le type de plat : soupe, salade, pâtes, gratin, dessert.
- L'occasion ou le rythme : semaine, week-end, festif, à emporter.
- Le régime ou l'ingrédient principal : végétarien, poisson, poulet, pauvre en glucides.
Deux à quatre étiquettes par recette suffisent. Davantage n'améliore pas la recherche, cela ralentit seulement l'enregistrement. Et en cas de doute sur un nouveau libellé, se demander s'il recouvre un libellé existant ? Alors il recouvre un libellé existant.
Le titre est votre première porte d'entrée
Ne pas sous-estimer le titre. « Poulet au four » et « Le poulet de Noël » ne valent rien dès qu'on possède quinze plats de poulet. Un bon titre nomme l'ingrédient principal et le trait distinctif : « poulet au citron, ail et thym ». Cela se lit comme une carte de restaurant et se cherche comme un dictionnaire.
Même chose pour la description ou la note attachée à la recette. Une ligne sur la raison de sa présence dans la collection (« préféré des enfants, prévoir double dose ») se rentabilise à chaque fois.
Élaguer fait partie du jeu
Une collection qui ne fait que grossir devient inutilisable d'elle-même, si bon que soit le classement. Prévoir un quart d'heure d'entretien par saison et, pour chaque recette intouchée depuis un an, poser la question : est-ce que je la garderais aujourd'hui ? Les recettes qu'on ne cuisine plus jamais parce qu'une meilleure version est juste à côté peuvent partir. Les cas limites gagnent une saison de sursis.
Cela paraît contre-nature, car supprimer ressemble à une perte. Mais chaque recette gardée « au cas où » barre la route à celles qu'on cuisine vraiment. Cent recettes qu'on mangerait toutes avec plaisir valent plus que trois cents dont les deux tiers sont du bruit.
Une habitude qui tient le tout
S'il ne faut retenir qu'une chose de ce guide, que ce soit celle-ci : traiter les nouvelles recettes immédiatement, dans la semaine où on les trouve. Ajuster le titre, deux ou trois étiquettes du jeu fixe, une ligne sur la raison de la garder. Trente secondes par recette.
Une collection ne se dérègle jamais d'un coup. Cela arrive en douce : dix enregistrements rapides sans étiquettes, dix de plus un mois après, et au bout d'un an le retard est trop grand pour être rattrapé. Ces trente secondes à l'entrée font la différence entre un carnet de recettes et une pile.